Les Togolais du Canada exigent la libération des trois membres de “NUBUEKE”

Les Togolais du Canada exigent la libération des trois membres de "NUBUEKE"

Par Serge Lemask, togo-online.co.uk

La détention arbitraire des trois membres du mouvement citoyen « NUBUEKE » par les autorités togolaises a fait réagir le bureau de la Diaspora Togolaise au Canada pour la Démocratie (DIASTOCADE). C’est à travers un communiqué dont voici la teneur.

COMMUNIQUÉ RELATIF À L’ARRESTATION ARBITRAIRE DE TROIS MEMBRES DU MOUVEMENT NUBUÉKÉ AU TOGO.

Le Bureau de la Diaspora Togolaise au Canada pour la Démocratie (DIASTOCADE) a appris que dans la nuit du 18 au 19 octobre 2017, des agents cagoulés du tristement célèbre Service de Renseignements et d’Investigation (SRI) du Togo sont entrés par effraction au domicile de M. Messenth Kokodoko, un responsable du Mouvement NUBUÉKÉ. Après avoir fracassé la porte de sa chambre, ils l’ont kidnappéde façon violente en aspergeant ses yeux d’un produit toxique, et il a été ensuite conduit manu militari au centre de torture du SRI.

Il a alors été soumis durant plusieurs jours à des traitements cruels, inhumains et dégradants, en violation flagrante de toutes les conventions internationales contre la torture signées par le Togo. Durant ces jours de détention illégale et arbitraire, M. Kokodoko a été interdit de recevoir l’assistance de ses avocats, et il a été refusé à sa famille de lui apporter de la nourriture. Tous ces traitements inhumains étaient faits dans le but de lui extorquer des aveux afin de pouvoir l’inculper.

Par la suite, deux autres membres de NUBUÉKÉ, M. Kokou Dodji Eza et M. Fiacre Yao Atsu, respectivement vice-président et ex-coordinateur à Agoè du mouvement, ont aussi été illégalement interpellés le 26 octobre 2017, puis arbitrairement détenus au SRI durant plusieurs jours, où ils ont été soumis à des actes de torture psychologique et au refus des soins requis par leur état de santé. Ces trois personnes ont été finalement accusées le 31 octobre 2017 de faux chefs d’inculpation grotesques et fantaisistes, pour être ensuite conduits en prison.

Le Bureau de la DIASTOCADE observe que Messieurs Kokodoko, Eza et Atsu ont été enlevés parce qu’ils sont des responsables du Mouvement NUBUÉKÉ, une association de la société civile togolaise qui porte assistance à des personnes blessées à la suite des répressions sanglantes et barbares des manifestations pacifiques en cours depuis le 19 août 2017 pour réclamer le retour à la constitution de 1992, le droit de vote des membres de la Diaspora et la démission de Faure Gnassingbé. Ces actes de répression sont donc menés dans l’objectif d’affaiblir considérablement le mouvement NUBUÉKÉ, l’une des organisations partenaires de la DIASTOCADE agissant sur le terrain au Togo.

Face à ces actes barbares, systématiques et inacceptables, et considérant que :

– la vie des trois responsables de NUBUÉKÉ a été et est mise en danger ;
– le SRI est réputé pour être un lieu de non-droit régi par la torture et les traitements cruels,
inhumains et dégradants ;
– le pouvoir de Faure Gnassingbé, en s’attaquant à NUBUÉKÉ, s’inscrit dans une logique
délibérée et inhumaine de non-assistance à des personnes en danger ;
– la justice togolaise n’est pas réputée pour son impartialité et elle est instrumentalisée à des
fins politiques par le pouvoir ;
– l’objectif des répressions actuelles est d’écraser dans le sang, comme en 2005, les aspirations légitimes du Peuple togolais ;

La Diaspora Togolaise au Canada pour la Démocratie (DIASTOCADE) appelle le Canada, la Communauté internationale, notamment tous les pays qui ont signé les conventions contre la torture et autres peines ou traitements cruels inhumains et dégradants, ainsi que les organisations des droits de l’Homme comme Amnesty International, Human Right Watch, à exiger :

La libération inconditionnelle, effective et immédiate des responsables de NUBUÉKÉ et de toutes les personnes incarcérées dans le cadre des manifestations qui se déroulent au Togo depuis le 19 août 2017 ;

• La fin des arrestations arbitraires au Togo ;
• La fin de la torture et des violations des droits de l’Homme au Togo ;
• La libération dans les plus brefs délais de tous les prisonniers politiques arbitrairement détenus dans les prisons-mouroirs du Togo ;
• La fin de l’impunité pour tous les tortionnaires au Togo, et donc que ceux-ci soient traduits devant les juridictions internationales compétentes ;
• La fin de l’instrumentalisation de la justice togolaise afin que les personnes innocentes arbitrairement inculpées ou incarcérées soient mises hors de cause et que les vrais coupables et commanditaires des actes criminels soient traduits en justice.

Le Bureau de la DIASTOCADE lance un vibrant appel à tous les membres la Diaspora togolaise pour continuer à soutenir et à intensifier les diverses actions afin d’obtenir effectivement et rapidement l’alternance démocratique et l’établissement d’un véritable état de droit au Togo, la Terre de nos Aïeux.

Fait à Sherbrooke, Canada, le 10 novembre 2017

Pour la Diaspora Togolaise au Canada pour la Démocratie (DIASTOCADE)

Le Président du Bureau provisoire

Celse Kafui Amédin, Ph.D.

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