Quand des opposants togolais se démarquent en “insultologie”

Quand des opposants togolais se démarquent en "insultologie"
Jean Kissi, Gabriel Messan Agbéyomé Kodjo

Par K. Monzonla

Contrairement aux opposants des Etats africains, en occurrence ceux des pays voisins, l’opposition togolaise se démarque par un comportement justement incivique qui fait la mauvaise publicité de la capacité réelle de ces acteurs à faire une politique réfléchie de nature à permettre au peuple togolais de sortir de plus de 50 années de dictature.

La presse togolaise a beau condamné ce comportement qui désintéresse plus d’un mais malheureusement, “chasser le naturel, il revient toujours au galop”. Fin de citation.

L’opposition togolaise se démarque par sa capacité de s’opposer entre elle, au lieu de s’opposer à ce régime cinquantenaire des Gnassingbé qui plonge le peuple dans le tréfonds de la misère et dans le cachot du désespoir. Au lieu de combattre pour sauver le Togo, l’opposition togolaise développe une nouvelle matière qu’aucune université sérieuse ne peut enseigner. Il s’agit de ce qui mérite d’être baptisé “INSULTOLOGIE”, cette matière qui amène ces adeptes à invectiver leurs collègues de l’opposition sur les antennes des radios et télés.

La semaine dernière, la matière a repris son droit de citer. Deux acteurs se sont démarqués à savoir Jean Kissi du Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) et Gabriel Messan Agbéyomé Kodjo de l’Organisation pour Bâtir dans l’Union un Togo Solidaire (OBUTS). Leur cible, Jean-Pierre Fabre, président de l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC), chef de file de l’opposition. Chose incompréhensible du moment où le peuple n’attend aucun acteur sur cette piste là.

Les débats politiques sont devenus un véritable festival d’échanges d’injures sur les réseaux sociaux, sur les antennes des radios et sur les écrans des chaines de télévision. Pas un seul mot sans que tel ou tel leader de parti politique ne s’attaque à son compagnon de même bord, peut-on dire.

Désolation et tristesse s’emparent des sentiments populaires face à ce comportement absurde qui remet en cause le projet de civisme et de citoyenneté piloté par le gouvernement cinquantenaire à qui profite cette division de l’opposition.

Au moment où le parti au pouvoir s’active et active ses réseaux et laboratoires pour produire des plans de travail dans la logique de 2020, l’opposition qui chante à tue tête l’alternance et le changement s’invective sur les antennes. Demain, le même refrain, “WOFIMI” sera fredonné pour bourrer les tympans de ceux qui leur prêteraient leurs oreilles.

L’heure n’est véritablement pas à ce théâtre désolant. Il est peut être temps de sensibiliser ces acteurs à faire preuve de respect mutuel, dans cette lutte bipolarisée qui mérite beaucoup d’attention, beaucoup de réflexion et d’engagement aux côtés des idéaux de chacun des partis politiques qui sont vraiment de l’opposition, et aussi de la raison. Les invectives ne permettront jamais d’obtenir les réformes tant souhaitées, ni l’alternance tant rêvée.

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