Franc-maçonnerie : La Grande loge nationale du Togo secouée par une bruyante contestation

Franc-maçonnerie : La Grande loge nationale du Togo secouée par une bruyante contestation

Selon nos confrères de « La Lettre du Continent », l’Assemblée Générale de la
Grande Loge Nationale du Togo (GLNT) devant confirmer dans son rôle William Bolouvi, nouveau Grand Maître récemment élu à la tête de la loge ne tiendra plus, comme prévu, le 10 septembre prochain. Elle a été reportée sous l’effet d’une bruyante contestation portée par le candidat malheureux à la dernière élection, le nommé Adrien Bebessiki. Ce dernier accuse la Grand Maître sortant d’avoir organisé le scrutin « en méconnaissance des us et coutumes de l’ordre » en laissant voter des membres non à jour de leurs cotisations. Il demande l’annulation de l’élection. Pour plusieurs observateurs, ce sont des agitations d’un mauvais perdant qui a du mal à reconnaître sa défaite.

Voilà une nouvelle affaire qui risque de ternir davantage l’image de cette communauté ésotérique qui suscitait déjà beaucoup de méfiance au sein de l’opinion.

En amont du scrutin, des bruits de tensions tribales qui agiteraient l’ordre avaient beaucoup circulé et été relayés dans la presse. William Bolouvi, mari de la mère de Faure Gnassingbé, présenté comme candidat du Sud et Adrien Bébéssiki, lui, présenté comme celui du Nord, quoique ce dernier ait bénéficié de plusieurs soutiens de personnes venant de la partie méridionale du pays dont un certain Yva Badohoun.

On voit bien que, même « au temple », des considérations ethnocentriques ont cours au point de polluer l’ambiance d’une campagne électorale. Pour plusieurs observateurs, c’est une curiosité, au vu de l’idéal maçonnique souvent mis en avant par les membres de la communauté. Mais personne ne pouvait douter que le malaise allait se poursuivre au-delà de l’élection à la tête de l’ordre. Il est aussi reproché à William Bolouvi d’avoir déserté depuis 20 ans les colonnes et de revenir aujourd’hui louer les premiers rôle avec l’onction de son ami et mentor Roggy Pass.

Cette situation risque bien de ressembler à une précédente d’il y a quelques années, du temps d’un certain Me Bataka, qui, alors Grand Maître, refusait de quitter le poste après ses deux mandats et tentait même de modifier les textes de l’association pour sauter les verrous de la limitation du mandat à des fins de conservation du pouvoir. Exactement comme les siens le font sur plan politique. Il a fallu des médiations au niveau international et une implication active du président congolais Sassou N’guesso, pour que cette page soit fermée.

Quelques années plus tard, revoilà une nouvelle crise qui risque d’aggraver les fissures et replis identitaires au sein d’une communauté qui se réclame souvent promotrice de nombreuses vertus humaines. Au-delà de tout, on voit bien à travers cette crise que les réalités socio-politiques sur le plan national ne sont que la représentation de ce qui se déroule dans le secret des couvents. Puisqu’il faut le reconnaître, ce sont les mêmes acteurs de ces milieux fermés qui se retrouvent aux affaires sur le plan national et qui, visiblement, ne se privent pas de piétiner les premières valeurs auxquelles leurs appartenances philosophiques ou leurs responsabilités politiques les contraignent.

Mensah K.

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