Crise politique : Quand Farida asphyxie le pouvoir togolais

Crise politique : Quand Farida asphyxie le pouvoir togolais
Farida Nabourema

Par Serge Lemask, togo-online.co.uk

S’il est vrai que Lomé, bien que très secouée par les contestations populaires jouit encore des faveurs de la diplomatie internationale, il n’en demeure pas moins vrai que les rapports de force avec l’opposition s’équilibrent au vu des dernières évolutions. Devant les lobbies du gouvernement, se tient solidement la diaspora togolaise plus galvanisée et engagée à jamais à bouter dehors, le régime héréditaire de Lomé.

Dialogue… Où es-tu ?

Les togolais devront encore prendre en patience, le mal qui les ronge depuis cinq (5) mois déjà. Le dialogue politique, tant attendu qui semblait pointer son nez, à la suite de la dernière visite d’une délégation de la Coalition des 14 formations politiques auprès du médiateur guinéen, la semaine dernière, n’a pu dé- marré cette semaine, comme annoncé. Dans la foulée, une mission ghanéenne est à nouveau annoncée sur Lomé. Quel sera donc le message de la médiation ghanéenne aux acteurs politiques concernés ? L’énigme reste entier. Pendant ce temps, la mobilisation contestataire ne faiblit toujours pas. Au travers d’une gigantesque manifestation, samedi dernier, les femmes togolaises ont crié haro sur le pouvoir de Lomé qui, ont-elles dénoncé, continue de tuer et emprisonner, en toute impunité, leurs enfants et époux.
La guerre des lobbies…

Coincé à l’interne aussi bien par les hommes que les femmes, le pouvoir dont l’image aujourd’hui est très écornée à l’international, n’a trouvé mieux que de se défendre. Dans ses multiples tentatives de sauvetage, tel un naufragé, le gouvernement togolais tente maladroitement sa défense. Ceci, en résumant la lutte du peuple togolais à des velléités djihadjistes qu’incarnerait le Parti National Panafricain (Pnp) de Tikpi Salifou Atchadam, l’homme au cœur de la contestation. C’est du moins ce qui ressort d’un rapport adressé, par Lomé, au gouvernement américain. Malheureusement, c’est sans compter avec une diaspora togolaise très lucide et plus engagée qu’elle ne l’a jamais été pour cet ultime combat contre le pouvoir héréditaire de Faure Gnassingbé.

Farida Nabourema… encore à l’abordage

Dans un duel de lobbings, surtout en réponse aux lobbies d’un groupuscule de démarcheurs français, émissaires de Lomé auprès de plusieurs capitales occidentales, ces Togolais d’ailleurs s’érigent en sentinelle. Depuis la semaine dernière, des missions que conduit la Cordonnatrice de la «Togolease Civil League», l’infatigable activiste Farida Nabourema, se multiplient aux États-Unis. Il s’agit, explique Dame Farida, de dé- monter les mensonges grotesques de Lomé et relater aux différents démembrements de l’Administration Trump, la réalité des faits, tels qu’ils se présentent sur place.

« Nous avons été surpris par le niveau de la connaissance des Américains de la cause togolaise. Ils savent que nous vivons une dictature et comprennent les enjeux. Nous avons réussi à leur faire comprendre que nous sommes un peuple qui aspire à la démocratie et à la liberté », a notamment laissé entendre Farida Nabourema, dans une vidéo dans laquelle elle faisait le point sur les différentes instances de l’Etat américain devant lesquelles ils ont eu à présenter avec succès leurs plaidoyers.

Aujourd’hui, c’est plus qu’une certitude, le pouvoir de Faure Gnassingbé n’a jamais été autant combattu par les togolais. Avec une économie déjà très impactée et au ralenti, les conséquences risquent d’être encore plus grandes avec une menace qui, toujours du fait de la crise, plane sur le Compact Program du Millenium Challenge Corporation (Mcc), un programme d’investissements américain aux pays vulnérables dont l’admission est conditionnée essentiellement à la bonne gouvernance et l’Etat de Droit. …

Au bord de l’asphyxie ?

C’est donc évident qu’avec cette offensive de la Togolease Civil League, les chances du Togo de bénéficier de ce programme d’investissement allant de 400 à 600 millions de Dollars se s’amoindrissent de plus belle. A cela s’ajoutent la résistance et l’unicité d’actions d’une opposition jusqu’alors irréprochable qui, malgré une vision non uniforme de la lutte politique, reste néanmoins soudée autour du même principe.

Aujourd’hui, le pouvoir de Lomé devrait se sentir au bord de l’asphyxie, en mal de sensation et d’inspiration, est au bord de l’asphyxie. Les caciques de Lomé qui sont actuellement en conclave à Kara sous le nom du Comité des Sages de Unir, devra certainement réfléchir à faire profile bas et laisser de côté la ruse et le subterfuge en laissant opérer les réformes telles que réclamées depuis le 19 août 2017 par le peuple, du moins dans l’esprit du communiqué du 22 septembre 2017 signé du Groupe des 5. Et parlant du Groupe des 5, le presque porte-parole Ambassadeur des USA, a repris son bâton en allant jeudi dernier confier au Président de l’Assemblée nationale l’attachement des USA à la tenue d’un dialogue pour la résolution paisible de la crise. Une manière diplomatique de demander au pouvoir de ranger au placard ses projets référendaires. Rigoureusement, il faut noter que cette démarche est intervenue dans la foulée de la série des lobbings que déployaient l’équipe à Farida Nabourema.

Source : Fraternité

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